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La garde à vue en France : quels sont vos droits ?

La garde à vue est une mesure de privation de liberté utilisée en France dans le cadre d’une enquête judiciaire. Elle permet aux forces de l’ordre de retenir une personne soupçonnée d’avoir commis ou qui a tenté de commettre une infraction. Cet article vise à éclaircir les aspects juridiques, les droits des personnes gardées à vue, et les procédures associées.

Qu’est-ce qu’une garde à vue ? Dans quelles conditions la garde à vue peut être mise en place ?

La garde à vue est définie par le Code de procédure pénale. C’est une mesure privative de liberté, prise par un officier de police judiciaire, sous le contrôle de l’autorité judiciaire. Sa durée initiale ne peut excéder 24 heures, mais elle peut être prolongée sous certaines conditions. L’article 62-2 du Code de procédure pénale précise que la garde à vue concerne des personnes soupçonnées d’avoir commis une infraction ou des personnes qui ont tenté d’en commettre une. L’infraction commise doit constituer un crime ou délit puni d’une peine d’emprisonnement. L’individu sera ainsi à la disposition des enquêteurs, ce qui leur permettra de l’auditionner et d’approfondir leurs éléments d’enquête. L’article 62-2 du Code de procédure pénale précise que la garde à vue doit être l’unique moyen de parvenir à l’un des objectifs suivants :
  • permettre l’exécution des investigations impliquant la présence ou la participation de la personne ;
  • garantir la présentation de la personne devant le procureur de la République afin que ce magistrat puisse apprécier la suite à donner à l’enquête ;
  • empêcher que la personne ne modifie les preuves ou indices matériels ;
  • empêcher que la personne ne fasse pression sur les témoins ou les victimes ainsi que sur leur famille ou leurs proches ;
  • empêcher que la personne ne se concerte avec d’autres personnes susceptibles d’être ses coauteurs ou complices ;
  • garantir la mise en œuvre des mesures destinées à faire cesser le crime ou le délit.
De ce fait, la garde à vue étant une mesure privative de liberté, elle est strictement encadrée par la loi et ne peut être mise en œuvre que si certaines conditions sont réunies.

Quels sont vos droits lors d’une garde à vue ?

Durant la garde à vue, plusieurs droits fondamentaux sont garantis à la personne. Ces droits sont énoncés à l’article 63-1 du Code de procédure pénale :
  • Droit à l’information : la personne doit être informée du fait qu’elle est placée en garde à vue, des motifs de sa garde à vue, de la durée de la mesure, et de ses droits.
  • Droit à l’assistance d’un avocat (article 63-3-1 du Code de procédure pénale) : l’individu peut demander l’assistance d’un avocat dès le début de la garde à vue. La personne désigne l’avocat de son choix ou peut demander un avocat commis d’office. L’avocat pourra ainsi assister à la première audition de la personne (à condition d’arriver sur place dans les 2 heures à la suite de la prise de contact) et à tous les interrogatoires. L’avocat pourra s’entretenir pendant 30 minutes et de manière confidentielle avec son client (article 63-4 du Code de procédure pénale) et aura accès à certains éléments de la garde à vue (article 63-4-1 du Code de procédure pénale, procès-verbal de placement en garde à vue, procès-verbal d’audition, certificat médical si demandé). L’avocat pourra poser des questions et faire des observations.
  • La présence d’un avocat à vos côtés lors d’un placement en garde à vue est essentiel pour garantir pleinement vos droits. N’hésitez pas à contacter un avocat pour vous accompagner et vous conseiller.
  • Droit à un examen médical (article 63-3 du Code de procédure pénale) : si la personne en fait la demande, un examen médical doit être réalisé. Le médecin se prononce sur la compatibilité de la garde à vue avec l’état de santé de l’individu. L’examen médical peut également être fait à la demande du procureur de la République, de l’officier de police judiciaire ou à la demande d’un membre de la famille de la personne placée en garde à vue.
  • Droit de prévenir un proche (article 63-2 du Code de procédure pénale) : la personne peut informer un proche (par téléphone le plus souvent, mais cela peut aussi être fait par écrit) et son employeur de sa situation. L’officier de police judiciaire peut aussi autoriser le gardée à vue à avoir un entretien avec l’un de ses proches cités ci-dessous. Un seul proche peut être averti parmi une liste de personnes précises (les parents, les grands-parents, les enfants, les frères et sœurs ou la personne avec qui on réside). Si la personne est de nationalité étrangère, elle peut demander à prévenir les autorités consulaires de l’Etat dont elle est ressortissante. Si les besoins de l’enquête l’exigent, le procureur de la République peut retarder ou empêcher la personne de prévenir un proche (par exemple s’il y a un risque de dissimulation de preuves ou un risque d’atteinte à la vie ou à l’intégrité physique d’une personne).
  • Droit au silence : la personne placée en garde à vue peut choisir de ne pas répondre aux questions qui lui sont posées et de se taire.
  • Droit à un interprète : en cas de difficulté avec la langue française, la personne placée en garde à vue peut demander la présence d’un interprète. En cas de surdité, la présence d’un interprète en langue des signes doit être assurée.
  • Droit de consulter des procès-verbaux et de faire des observations: la personne placée en garde à vue peut demander à lire le certificat médical, le procès-verbal de placement en garde à vue ou encore les procès-verbaux d’auditions. En cas de prolongation de la garde à vue, la personne peut émettre des observations.
  • Respect de la dignité de la personne : l’article 63-5 du Code procédure pénale précise que la garde à vue doit être exécutée dans un cadre et des conditions assurant la dignité de la personne gardée à vue.

Quelle est la durée de la garde à vue ?

La durée de la garde à vue est initialement de 24 heures (article 63 du Code de procédure pénal). Ce délai de 24 heures peut être réduit ou étendu. En effet, cette durée est extensible une fois pour une durée équivalente de 24 heures, sur autorisation écrite et motivée du procureur de la République, dans le cas de crimes ou délits graves. Dans certains cas spécifiques (terrorisme, criminalité organisée), la durée peut être prolongée au-delà. Pour les infractions graves, la garde à vue peut être prolongée au-delà des 48 heures (terrorisme, trafic de stupéfiants etc.). La décision de la prolongation est prise par le juge d’instruction ou par le juge des libertés et de la détention (article 706-88 et article 706-88-1 du Code de procédure pénale). Le décompte des 24 heures débute au moment où la personne est retenue par les forces de l’ordre.

Comment se déroule la fin de la garde à vue ?

La garde à vue prend fin soit par la libération de la personne, soit par sa présentation devant un tribunal. Le magistrat décidera ensuite de la suite des procédures (mise en examen, convocation en justice, etc.).

Conclusion

La garde à vue est une procédure encadrée de façon précise par la loi française. Elle vise à équilibrer les besoins de l’enquête avec les droits fondamentaux de la personne. Son utilisation est un élément clé du processus judiciaire en France, assurant à la fois l’efficacité de la justice et le respect des droits individuels. Cet article offre une vue d’ensemble de la garde à vue en France, en énonçant les principes juridiques et les droits des individus concernés. Il est important d’être accompagné d’un avocat durant une garde à vue. Contactez les avocats présents sur notre site pour bénéficier d’un accompagnement adapté et obtenir des réponses précises à toutes vos questions.

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